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9/02/2025 – Esaïe+Luc – nouveau service
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prédication donnée à Livron
Dans l’attente de vos réponses à la question posée dimanche dernier – écrites et mises dans votre Bible, nous continuons notre progression dans l’Evangile selon Luc, cette fois avec la rencontre d’un pêcheur incroyable.
Nous avons aussi entendu le texte d’Esaïe dans le temple, qui a précédé l’histoire de Jésus au bord du lac, et qui aborde les mêmes questions, à 7 siècles de distance, ce qui peut aussi nous aider à voir en quoi cela nous concerne.
Esaïe, puis Simon, Jacques et Jean sont témoins d’un événement qui défie l’imagination, et qui les concerne. Et cela qui provoque en eux une crainte profonde, un sentiment d’être totalement à côté de la plaque. Et après que l’auteur de leur suprise les a apaisés, ils ne restent pas prostrés, ni ne dressent un mausolée, ni ne font fructifier égoïstement ce qu’ils ont vécu. Ils laissent tout ; ils acceptent l’appel qu’ils reçoivent après cet événement, et s’en vont.
Regardez Esaïe : Il est prêtre desservant le temple de Jérusalem, membre de l’aristocratie locale. Au VIIe AvJC, la situation du peuple a quelques ressemblance avec la nôtre. Il est gangrené des pieds jusqu’à la tête par des comportements où la règle est de profiter un max’ de ses biens et de ses loisirs, et tant pis pour ceux qui n’y arrivent pas, qui perdent leur travail, qui tombent malade. La justice est dévoyée par les mafias de toutes sortes, et ne parlons pas de la fidélité à Dieu – Esaïe est bien seul dans le temple, ce matin-là. Et sa situation n’est pas glorieuse. Il croit faire bien son ministère pastoral, car s’il faut un dernier avant de tout fermer, ce sera lui ! Mais soudain, le temple vacille de partout, des chants résonnent, de la fumée odorante se répant, un large manteau sort du lieu Très saint, Esaïe rencontre la présence du Dieu Libérateur d’Israël, qui dégage une extraordinaire force de vie positive; et Esaïe comprend que même lui, le prêtre resté fidèle, n’est pas fidèle. Mais Dieu le soigne, le relève, et lui donne un ministère renouvelé. Esaïe sait à quel Dieu il a affaire, désormais : il ne sert plus le temple, Dieu l’emploie. La sainteté de Dieu n’est plus respect des règles, des prières et des cultes, mais reconnaissance d’un besoin de pardon, de guérison, alors même qu’on remplit la mission confiée.
Luc met l’accent sur Jésus, oppressé par la foule qui s’agglutine comme des sangsues autour de lui. Pierre, Jq et Jn continuent leur boulot, comme Esaïe. Ils vivaient et travaillaient dans une communauté occupée par un régime oppressif. Même s’ils avaient de bons jours, ils devaient s’assurer que le gouvernement romain obtienne sa part. Le montant de la «taxe» leur a été imposé sans possibilité de négociation. Il y avait des jours comme celui-ci, où leurs filets étaient vides. Le système n’a prévu aucune assurance pour ces jours-là, pas de pitié. Les filets doivent toujours être au top et le travail doit se poursuivre pendant de longues heures jusqu’à ce que le poisson soit attrapé. La mer, elle, n’est pas contrainte de jouer franc jeu. Elle est comme le marché économique, où les bons jours succèdent aux mauvais, les affaires croissent et décroissent, en partie selon les caprices des tenants du pouvoirs, hommes d’affaires dont l’intérêt n’est pas le peuple, mais lui-même et son clan. Les agriculteurs peuvent très bien s’identifier aux épreuves et aux tribulations des pêcheurs du temps de Jésus. Les éléments, le climat et le marché doivent tous coopérer pour que le travail subvienne correctement aux besoins de l’entreprise et de la famille. Mais ni les biens, ni le climat, ni le marché ne se plieront à ce besoin ; ou pour le dire autrement, le monde dans lequel nous vivons n’est pas engagé envers notre bien-être et notre bonheur.
Alors il y a de la frustration, et l’attente du Messie. Sur les rives, ils n’ont rien d’autre à faire que de redoubler d’efforts pour espérer tirer le rendement nécessaire d’un lac peu coopératif. Ils cherchent leur salut dans le système établi, parce qu’ils ne voient pas d’autres solutions pour réparer ce monde brisé. La révolte sanglante n’apporte que misère, mort, et on recommence comme avant. La fuite dans la nature aboutit aux mêmes incapacités d’assurer le bonheur de tous.
Et voilà que Jésus arrive, repoussé par la foule qui veut accaparer son pouvoir. Il ne se laisse pas faire, et continue de raconter ses histoires, pour que les gens changent de perspective. Puis Jésus fait de même avec Pi-Jq-Jn : il s’immisce dans leur lieu de travail, et leur fait déchirrer leurs filets avec une prise de poissons qui n’a aucun sens. Ils espéraient quelques poissons, peut-être une bonne pêche, mais pas une prise catastrophique ! Ils vont devoir fabriquer ou racheter de nouveaux filets, tant les leurs se sont déchirés ; une perte de temps et d’argent énorme. C’est un manque total de compétence, chez ce Jésus. D’ailleurs, ces poissons sont sortis de nulle part – jamais la mer n’avait livré autant. Ils sont un mystère. Quelque chose ne va pas. Cet homme entre dans leur vie et leur en donne trop. Et demain alors ? qu’est-ce qu’ils vont pêcher ?
Ils sont comme Esaïe, complètement éperdu par Celui qui remplit le temple. Et comme Esaïe, Pierre prend conscience que Jésus n’est pas dans le même monde que lui : éloigne-toi de moi qui suis impur. C’est le trop plein de présence de Dieu qui conduit à la repentance, non pas le manque de réussite aux normes du monde.
Lorsque Jésus entre dans notre vie et accomplit un signe exceptionnel, cela perturbe. Car c’est une chose de prier pour un réveil de notre Eglise et de rêver à la façon dont nos vies pourraient changer, et c’en est une autre que de le vivre réellement, et peut-être à l’excès, comme Es ou Pi. Car le résulat de l’action de Dieu et de Jésus, c’est qu’Es et Pi changent de ministère, l’un devient prophète, l’autre disciple de Jésus. Un tel miracle d’abondance, apporte un chaos que nous ne pouvons pas gérer, parc qu’il perturbe notre routine quotidienne. Il conduit donc à un changement de paradigme, une conversion, une repentance, un nouveau départ. Jésus devient le véritable pêcheur, Il attrape des humains non pour les consommer ou les vendre, mais pour les aimer et les soigner, enlever leur peur et leur impureté. Et il invite ses prises à se joindre à lui dans une autre pêche, une autre agriculture, une autre façon de prospérer, qui a pour fondement la grâce, et pour objectif une communauté réunie dans l’amour du Père. Et cela, ni au temps d’Es, ni celui de Pi, ni le nôtre, aucun pouvoir humain ne peut le fournir, le garantir.
Tout comme le signe du vin à Cana a servi à révéler qui est Jésus aux disciples, la présence débordante de Dieu a servi à Esaïe dans le renouveau de son ministère, et la surabondance de poissons a ouvert Pi à une autre dimension : aller dans ce monde fragile et en ruine pour attraper les gens qui se noient dans les angoisses et les fardeaux qu’ils ont eux-mêmes déversés sur eux, et qui rend ce monde encore plus cruel.
F&S, il en est ainsi de l’appel de Jésus à son service dans son Eglise – par ex comme Conseiller, ou musicien ou animateur de culte ; et aussi de ses dons inattendus, qui ont fermé nos bouches impures, et vont permettre d’assurer le témoignage dans les prochaines années. Apprenons l’humilité et l’obéissance, à sa Gloire, et non celui du temple; la gloire du Seigneur.