7 avril 2024 : de la paix à la foi

Prédication du 21/01/2024 par le pasteur Marc LABARTHE

Jean 20 v 19 à 29

L’histoire de Thomas…qui ne l’a connait pas ! on l’a surnommé de tous les noms négatifs par rapport à la foi ! incrédule, incroyant, méfiant. Et les prédicateurs nous disent qu’il est bien souvent à notre image – ce qui veut dire que nous sommes incrédultes, incroyants, méfiants…

Cependant, à la fin de l’histoire, il confesse que Jésus est son Seigneur et son Dieu — et là aussi, est-ce à notre image ? avons-nous fait de Jésus notre Seigneur et notre Dieu, de façon personnelle ? Qu’est-ce qui pourrait le démontrer ?

Dans cette histoire que raconte Jean – et pas les autres Evangiles d’ailleurs – le matin de Pâques, c’est le Grand Jardinier Créateur du monde qui se promène librement dans son domaine, et qui rencontre Marie et qui l’envoie en mission. Cependant, son témoignage n’a pas libéré les disciples : le soir ils sont encore barricadés, au propre comme au figuré. Ils en sont encore au vendredi de la mort qui rôde et qui peut les saisir.

La peur domine leurs pensées et la puissance de la mort est plus forte que la parole de Marie qui a vu le Jardinier Jésus, vivant, à l’opposé de la tombe ouverte. Les autorités peuvent se déchainer d’un instant à l’autre, pour tuer dans l’oeuf la révolution de ce Nazaréen. A leurs yeux, il a été tellement déplorable lors de son arrestation, son procès et sa mort, que la déroute de ses disciples est assurée, et qu’une action de police contre eux est certainement inutile. 

Ce dimanche-soir-là, barricadés, Jésus se matérialise au milieu d’eux, et sa première parole est Shalom alechem – la paix, la douceur, la plénitude de Dieu soit en vous, vous saisisse et vous change. 2 mots banals, et qui pourtant changent tout : car c’est bien Jésus qui les prononce, c’est bien Jésus le crucifié, c’est bien Jésus le mort vivant ! Non pas un zombie sanguinolent, mais un vivant qui ne garde que les cicatrices de la mort. Oui, Jésus n’a pas échappé à la mort, il est bel et bien le crucifié, il en porte les blessures évidentes, mais elles ne sont pas sanguinolantes ; il est vivant, plus que vivant parce que les marques de la mort n’ont plus d’effet négatifs sur lui, la mort a été subie, mais n’a pu le retenir, elle laisse des traces comme un “mauvais” souvenir. 

Shalom alechem ! une parole qui fait éclater la mort et la peur ! et le souffle de Jésus sur eux… quel réconfort de le ressentir, oui, il vit, il respire ! et en plus, il maintient sa collaboration avec eux, en rappelant sa propre mission et la déployant pour eux. Shalom – le père m’a envoyé, je vous envoie. Shalom, pardonnez, soyez agents de réconciliation, porteurs de la grâce de Dieu, comme Jésus l’a été, même jusqu’à la mort. Shalom – tant que la peur vous dominera, vous serez barricadés, vous retiendrez les péchés, et la mort écrasera votre vie. Jésus souffle sur eux – recevez l’Esprit, l’Esprit de vie, l’Esprit du pardon et de la paix…

On ne sait rien de ce qui s’est passé dans les heures qui oint suivi. S’ils ont bien dormis, ou ont reconstruit le monde toute la nuit. La semaine a passé, ils ont parlé à quelques personnes, dont Thomas, et les voilà, le soir du 1er jour mais 7 jours plus tard, un peu plus nombreux dans leur abri, mais tout aussi barricadés, protégés du dehors, comme tous les soirs de la semaine écoulée. Le message de paix de Jésus et le souffle de l’Esprit, ne semblent pas avoir encore produit leur fruit dans leur comportement. 

Mais Jésus se matérialise au milieu d’eux, et sa première parole est Shalom alechem – la paix, la douceur, la plénitude de Dieu soit en vous, vous saisisse et vous change. C’est donc bien vrai, il est bel et bien vivant, la vision d’il y a 8 jours est confirmée par cette nouvelle rencontre. Sa présence n’est pas celle d’un ange, avec un vêtement ultra-blanc et un visage de transfiguré; non, mais avec les marques de sa mort qui est passée. Et c’est bien cela qui compte : lui, Jésus, humain, crucifié, mort et enseveli, Dieu l’a relevé, réveillé, guéri, retapé, et cela pour un temps indéterminé, le temps de Dieu. 

Thomas – et les autres – ont pu toucher Jésus, ses plaies cicatrisées. L’importance du voir et du toucher, avec les paroles données par Jésus : shalom, je vous envoie ! ne sont pas cachées. Selon Jean, c’est la vue et les paroles de Jésus qui provoquent la joie des disciples. C’est la vue et l’invitation à toucher ses mains et son côté, qui conduisent Thomas à son impressionnante confession. L’Ev pourrait s’arrêter là, et nous encourager à partager la même foi : Jésus-Christ, mon Seigneur et mon Dieu ! Pouvoir le dire, c’est déjà que l’Esprit soufflé par Jésus agit !

Jésus se réjouit de la réaction de Thomas : Parce que tu m’as vu, tu crois ! Et il termine par une phrase énigmatique : Heureux ceux qui croiront sans avoir vu. Jésus serait-il dans le reproche, lui qui vient d’apporter son Shalom et de s’offrir au toucher de ses amis ? Est-ce une parole adressée à Thomas tout seul, ou à tous les disciples ?

Nous pouvons, par l’Esprit que Jésus a soufflé sur nous, entendre cette parole, si elle est pour  Thomas, non pas comme un reproche, mais bien comme une invitation renouvelée à la confiance. Car cette parole s’adresse aussi, aux disciples barricadés dans leurs peurs, qui n’ont pas cru Marie et son témoignage : ceux qui sont accueillis par un soyez en paix ! je vous envoie ! Cette parole traverse ensuite nos portes fermées, elle franchit les obstacles de nos doutes, pour déposer en nos coeurs ce shalom de Dieu. 

Loin d’être un reproche, cette béatitude rejoint notre situation humaine. Et si nous n’avons pas vu Jésus, il peut nous montrer son shalom de diverses manières. Et à notre tour, nous sommes appelés à montrer son commandement d’aimer et de pardonner, d’assurer le shalom de Dieu auprès de tous. C’est ainsi que d’autres pourront toucher du doigt le Christ et se laisser rencontrer et toucher par lui.

Comme croyants, F&S, nous avons en nos coeurs la phrase : Jésus-mon Seigneur et mon Dieu ! Et nous pouvons dès lors le démontrer. Il ne s’agit pas d’imagnier des actes grandioses et tape à l’oeil, dont on rêve pour grandir l’Eglise, mais comme Jésus, rejoindre les fragiles et les incertains du nom de Thomas et tant d’autres à notre image. Comme Jésus, lutter contre ce qui écrase et humilie l’humain et la création. C’est le chemin sur lequel nous envoie Jésus, remplis de son Esprit et d’une parole de shalom avant toute autre. La paix est en vous, et je vous envoie porter le pardon !

 

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