260412-1Pi.1v3+Jn20v19-la paix de Jésus

prédication donnée à Loriol

I Pierre 1 v 3 à 9 — Jean 20 v.19 à 31

Vous avez entendu cette parole de Pierre dans sa lettre : Bénissons Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Dans sa grande bonté, il nous a fait naître à une vie nouvelle, en ressuscitant Jésus Christ d’entre les morts. C’est pour que nous ayons une espérance vivante, en attendant l’héritage que Dieu réserve aux siens. Nous avons en 2 phrases, une vision du salut qui vient contredire nos images qui calculent les mérites des uns, ou les péchés des autres. Dieu n’est pas un Dieu de colère qui veut la réparation de amour-propre blessé.

Dieu n’est pas celui qui exige un sacrifice humain pour enfin sourire aux hommes. Nous devons corriger nos paroles, nous devons changer nos discours, car ils conduisent à la mort de nos Eglises, et de la confiance en Dieu.

Pierre expose la bonté de Dieu, qui fait naître, et qui donne une vie nouvelle ; il assure cela en relevant Jésus hors des morts ; le but est que nous regardions vers l’héritage que Dieu nous réserve, un héritage incorruptible, non-souillable, non-flétrissable. Rien à voir avec nos calculs de toutes sortes pour tenter de réussir notre vie : pas de concours, pas de mérites, mais un amour complet à notre égard, et une invitation à vivre dans la joie et l’amour partagés.

Pierre a peut-être commencé à changer sa vision sur Dieu et sur nos obligations, avec ce qui s’est passé avec Thomas, comme le raconte Jean. Parce que ce n’est pas seulement Thomas qui est à montrer du doigt, mais également les apôtres. Au soir de la résurrection, ils sont à peine ébranlés par le fait que le tombeau soit ouvert et vide, et que Marie Magdala ait rencontré Jésus vivant. Ils se cachent, ils ont verrouillés les portes. Ils ont peur des Juifs – eux qui sont aussi juifs ! Ou alors, ils sont terrifiés de savoir le tombeau ouvert, car les autorités alertées vont pourchasser ceux qui ont enlevés le corps et ça ne peut être que les disciples…

Les portes verrouillées ne sont donc pas seulement un décor, pour dire la capacité de Jésus à franchir les murs. Les disciples barricadés et sur le qui-vive, c’est aussi une manière de parler de notre attitude humaine face à la nouveauté ou ce qui se révèle dangereux. Les circonstances qu’ils traversent, déstabilisent leur vie, le réflexe est de protéger le peu qui leur reste. Ils sont enfermés sur eux-mêmes. Et cette situation a aussi une connotation spirituelle et morale. Verrouiller la porte, c’est vivre dans une économie fermée ; celle où l’on veut contrôler tout ce qui peut l’être; on tient des comptes, on veut des preuves, on attend des explications afin d’établir, peut-être, un lien de confiance.

Lorsque Jésus paraît au milieu d’eux, ses premiers mots sont : shalom alechem – paix sur vous; il entre là où les disciples pensaient être au contrôle. Aucune porte ne lui résiste ; le crucifié ressuscité a déjà parcouru le fonds de nos misères, comme l’abandon, la trahison et la mort. Il est descendu aux enfers, dit la confession de foi. Et quand il en revient, ce n’est pas mortifié, mais avec son shalom. Il est capable d’aller chercher chacun de nous là où son for intérieur est cadenassé et plongé dans les ténèbres de l’oubli. Sa volonté est d’y placer son message, son shalom, afin de libérer notre vie de nos barrages de toutes sortes.

Jésus apporte la plénitude dont les apôtres ont besoin, les libère de leurs angoisses, et leur confie la capacité de libérer ceux qui sont encore enfermés dans leurs zones verrouillées. Quelques jours plus tard, ils tentent de le faire avec Thomas, mais le font assez mal : ils ont vu le Seigneur. C’est insuffisant : une vision, surtout la nuit, ça demande des vérifications. La réponse de Thomas reste dans la logique des preuves tangibles. Ne dit-il pas tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Je veux voir et surtout je veux toucher. Il exige une preuve vérifiable – et aujourd’hui encore, de nombreux chrétiens dans nos Eglises ont la même attente.

Sept jours plus tard, ils accueillent Thomas et passent la soirée ensemble, dans un endroit contrôlé et fermé – il faut du temps pour changer. Et Jésus se permet, encore une fois, de passer outre les mesures de sécurité mises en place, et de trôner au milieu d’eux, avec le même message – shalom alechem.

Ainsi, Jésus rejoint Thomas et les apôtres avec les mêmes paroles, car tous sont concernés. Puis il révèle le point sensible, par une parole nette et claire : mets ton doigt ici. Jésus s’offre à la rencontre avec Thomas. Il lui donne de le toucher là où il a besoin d’être consolé. Le texte de Jn ne dit pas si Thomas a touché du doigt – mais sa réponse à Jésus montre qu’il est convaincu au plus profond de lui-même : mon Seigneur et mon Dieu. C’est une confession de foi qui dit le lien intime de Thomas avec Jésus. Et cette confession peut être reprise par tous les croyants : heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.

Cette béatitude de Jésus à l’égard des disciples de tous les temps a permis à Pierre d’écrire dans sa lettre cette phrase : Dieu nous a fait naître à une vie nouvelle, en ressuscitant Jésus Christ d’entre les morts, pour que nous ayons une espérance vivante. C’est l’expérience profonde qu’ils ont vécue avec Jésus et Thomas. La vie nouvelle promise par Dieu, vient de cette rencontre de Jésus ressuscité, jusque derrière nos portes closes, apaisant nos excuses les plus simples ou les plus sophistiquées, en y déposant son shalom. Et lorsque la réponse est de reconnaître en Jésus mon Seigneur et mon Dieu, alors une espérance vivante se met en place.

Comme les premiers disciples ayant reçu la paix de Jésus, nous pouvons franchir les portes de nos angoisses, même si elles ne disparaissent pas. Nous pouvons aussi franchir les portes closes de la vie des autres, avec pour seule condition de prononcer les paroles de Jésus : shalom alechem. L’espérance ainsi partagée, peut revivifier la vie de ces personnes, encourager leur cheminement, les ouvrir au partage de la Parole de Paix et de pardon que Jésus nous confie. Le but, c’est l’héritage promis ; malgré la mort et les difficultés, c’est la vie avec Dieu dans la plénitude de son amour. Et cette espérance vivante change toute l’existence, et nous en parlons encore aujourd’hui ! Maranatha, viens Seigneur Jésus !

 

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