260215-1Cor.2v11a18-Christ change le regard

prédication donnée à Loriol

Matthieu 5v38-48      1 Corinthiens 2v12-14+3v18-23

Nous terminons la petite série de Jésus qui enseigne les conséquences des Béatitudes, et de Paul qui développe toute sa prédication à partir de JC crucifié.

Jésus incarne les Béatitudes et inclut les disciples dans leur dynamique, être sel de la terre et lumière pour le monde. Il ne remet pas en cause ce que Moïse et les prophètes ont dit de la part de Dieu. Il vient rappeler que leurs enseignements ont encore toute leur valeur, il ne s’agit pas de les rejeter ni les oublier. Jésus les recadre, il actualise ces règles anciennes, non pas dans une jurisprudence académique, mais en y jetant du sel et de la lumière, de telle façon que ces vieilles paroles nous concernent à nouveau : ces règles de Moïse s’appliquent, non pas seulement aux grands phénomènes de société, mais dans nos petits problèmes personnels : 

Vous avez entendu qu’il a été dit à nos ancêtres : “Tu ne commettras pas de meurtre”— voilà le standard de vie en sté ! Eh bien, moi je vous dis : celui qui se met en colère contre son frère ou sa sœur mérite de comparaître devant le juge.  Qui n’est jamais agacé par un voisin qui passe sa tondeuse au mauvais moment, ou par celui qui roule beaucoup trop près, ou qui a mal répondu à son attente ? Alors nous le “tuons” du regard ou par nos paroles, etc. etc. Jésus demande qu’on se mette en paix avec eux avant de venir au culte — ce qui n’est pas toujours simple, quoi qu’on dise — car c’est ainsi que vous êtes du sel qui n’est pas sans goût, et lumière qui n’est pas cachée. C’est aussi la raison d’un temps de repentance au début de nos cultes…

Paul a été convaincu par l’Esprit de Dieu que le crucifié n’était pas la malédiction de Dieu posée sur Jésus—comme le dit la Torah, mais bel et bien le coeur de l’amour de Dieu pour sauver le monde, changer les coeurs et donner la joie du Royaume. C’est pourquoi, toute sa prédication tourne autour de la personne du crucifié. La sagesse de Dieu qui est révélée par l’Esprit de Dieu, est une sagesse qui prend le contre-pied de la sagesse du monde, fondée sur les séductions et les envies humaines.

Nous, nous avons les pensées du Christ, écrit l’apôtre. Ce n’est pas de l’orgueil spirituel, mais bel et bien le comportement minimal que chacun d’entre nous est appelé à mettre en oeuvre : Entrer dans les pensées du Christ crucifié, laisser les pensées de Jésus-Christ modeler et reconfigurer nos pensées et nos actes. En corrigeant nos pensées par l’enseignement de Jésus, alors le travail du Saint Esprit s’accomplit : Dieu a accueilli Jésus mourant sur la croix, et il a transformé sa mort en vie pour l’humanité. C’est une autre sagesse que la sagesse du monde, c’est-à-dire de ce que notre société enseigne et attend de chacun de nous. 

Notre société ne peut pas concevoir Jésus-Christ crucifié vivant – elle interdit même d’en parler, tellement c’est contraire à ses concepts. L’intelligence humaine livrée à elle-même ne trouve aucun attrait dans la croix de Jésus ; elle est aberrante, une souffrance inutile. 

De plus, hier et de nos jours, certains dans l’Eglise utilisent des notions de l’Evangile pour asseoir leur pouvoir et abuser les gens. Paul l’avait déjà compris en présence de l’Eglise de Corinthe. Et face à des apôtres et des pasteurs qui se targuent de leurs actes et du succès de leur prédication, Paul revient au pied de la croix. Là est la sagesse de Dieu, celle qui ouvre au Royaume, celle qui donne la vie du Royaume, remplie de sel et de lumière, pour tous les abusés et ceux qui résistent.

Que personne ne se trompe lui-même : si l’un d’entre vous pense être sage du point de vue de ce monde, qu’il devienne fou afin d’être réellement sage. Devenir fou, c’est renoncer à encenser tel prophète, tel missionnaire, tel pasteur, pour ce qu’il fait; mais relever que Christ est à l’oeuvre pour la gloire de Dieu par son service, que le sel et la lumière sont passés chez des hommes et des femmes qui en deviennent témoins à leur tour. Si ce passage n’a pas lieu, si des témoins ne poursuivent pas la mission, alors la sagesse du monde vient prendre le dessus. Et cela arrive même dans nos Eglises – faire venir un mentor sur un sujet d’actualité, rassembler des foules, et le lendemain, que reste-t-il ? Quel renouveau, quelle saveur, quelle lumière ravivée dans la vie des gens pour fortifier l’Eglise et l’encourager dans son service du Christ ?

Que personne ne mette donc sa fierté dans des hommes, en se glorifiant d’avoir eu tel ou tel maître ; car tous sont à votre service, que ce soit Paul ou Apollos ou Céphas [X…]. Tout vous appartient ; l’univers entier est vôtre : la vie et la mort, le présent et l’avenir. Tout est à vous, mais vous, vous n’appartenez qu’au Christ, comme le Christ appartient à Dieu.

Dieu a choisi ce que le monde considère comme une folie pour confondre les gens intelligents – qu’ont-ils à dire, sinon ricaner comme les pharisiens au pied de la croix. Dieu a délibérément pris ce qui est faible et chétif pour faire honte aux puissants – comment réagissent-ils sinon d’écraser ce qui dérange leur vue.
Selon la sagesse du Crucifié, aucune créature ne pourra s’enorgueillir en présence de Dieu ou se prévaloir de quelque titre devant lui. Si quelqu’un veut éprouver de la fierté, que ce soit au sujet de ce que le Seigneur a fait et de ce qu’il lui a donné. (1Co 1.27-31) écrit Paul.

Dès lors, que Jésus vous a-t-il donné ? qu’a-t-il fait pour vous ?  avez-vous reçu ne serait-ce qu’un grain de sel, qu’un éclair de lumière ?  avez-vous repris son interprétation des règles de Moïse, pour aimer votre ennemi, celui qui vous énerve, celui que vous ignorez royalement ?  Lorsque Jésus est pour vous le Crucifié, vous ne craignez rien d’être faibles ou craintifs, comme Paul !

Car avec le sel que l’Esprit de Jésus a mis en nous, nous pouvons résister à la moisissure des sagesses du monde. Nous pouvons aussi apporter une saveur différente, avec le crucifié relevé d’entre les morts. Quand Jésus parle, la logique du monde se fissure, et une autre lumière prend place dans notre vie. Ne laissez pas la flamme s’éteindre ! Soyez-en porteurs ! soyez-en témoins !

 

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