260118-Apc21-DieuCréeDuNeuf

prédication donnée à Loriol

Ephésiens 4v4     Apocalypse 21v1à17

Les Eglises Evangéliques et autonomes ont pris pour thème de prière pour l’unité des chrétiens, la Fidélité de Dieu au travers des vicissitudes humaines à l’exemple du peuple d’Israël au désert (Ps78). Les Eglises Institutionnelles ont pris le thème de l’Appel de Dieu à l’unité, en citant Eph :  Il y a un seul corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une seule espérance.

Cette affirmation de l’apôtre Paul pourrait être un résumé de la vision que nous a passée Jean de Pamos. Tout le film de ce qu’il a vu est tourné vers la communion totale, l’unité de l’amour accompli. Et dès le début de son livre, Jean nous inscrit dans cette perspective : La gloire est à celui qui a fait de nous des rois et prêtres pour Dieu son père. La page blanche est totalement remplie avec lui !!    

Le livre de l’Apoc est à lire comme un film, parce qu’il est rempli d’images grandioses, qui décrivent la relation que Dieu a établie avec les humains en Jésus, une relation dont les Eglises doivent témoigner fidèlement. Cette communion est véritablement celle qui porte tout le livre. Mais l’écriture de Jean -son script- ne cache pas combien cette relation de grâce et d’amour suscite des contradictions permanentes, des révoltes et des tentatives de domination et d’exploitation par les adversaires de Jésus. 

Et comme nous sommes davantage sensibles aux malheurs des uns qu’au bonheur pour tous, nous nous focalisons sur les catastrophes de plus en plus grandes, jusqu’à parfois, oublier ces paroles qui disent la profonde nouveauté que Dieu crée.

Le script du film est fait de manière admirable : Jean fait monter la pression par une succession d’images glorieuses dans le ciel, et de résistances diaboliques. Il a plagié l’histoire d’Israël, et dénoncé la sévérité de l’empire romain. Ce mélange offre à chaque génération de s’y retrouver, comme si elle participait à l’ultime période. Et les prophètes de chaque génération n’hésitent pas à identifier les situations politiques et sociales qui poussent à la guerre et la destruction, comme une énième reprise du même sujet, pour leur temps : ils changent les noms, les lieux et les moyens, mais la même histoire demeure ! 

Jean tient le script, et revient à ce trône, d’où Dieu conduit son projet à terme : il (v5) dit, de tout je fais du nouveau — je crée tout à neuf. 

De notre point de vue (+40-+80ans), le neuf n’est pas toujours bon ni beau ! vouloir tout renouveler aboutit même souvent à ce que rien ne change ! Il suffit de reprendre les slogans politiques de tous les bords, pour constater que les changements proposés ne réalisent pas les promesses lumineuses exprimées, mais installent de nouvelles dictatures au profit de quelques-uns. Difficile d’en dire plus lorsque les élections s’approchent…

Nous savons aussi que nous ne pouvons pas tout balayer de ce que nous avons appris et acquis dans notre vie. Nous avons besoin que certaines choses anciennes demeurent, que des éléments familiers continuent d’exister, parce que cela nous garantit la sécurité et la fiabilité.

Mais juste à côté, nos enfants et petits enfants, sont férus des nouveautés régulières du monde numérique : les jeux sur les écrans les passionnent – encore plus avec de l’IA qui multiplie les capacités des réseaux ; ils délaissent les livres et même les BD ! Ils préfèrent s’immerger dans les RPG (jeux de rôles), miner de la crypto-monnaie, adorer ou devenir un influenceur, les miroirs aux alouettes sont infinis. Le neuf, la nouveauté c’est leur vie, le passé c’est ringard.

Or notre texte dit que Dieu fait du neuf. Lui aussi ! du neuf qui nous implique dans la vie et non dans le rêve. Et cela commence par notre monde qui est changé, puis l’apparition d’une ville, connue mais qui sort de Dieu lui-même — une naissance ! elle est Dieu lui-même qui met sa tente avec nous (comme Jésus en Jean), et en même temps, elle est l’épouse du Fils de Dieu, femme de l’Agneau. 

Comme pour d’autres passages de l’Apoc, cette imbrication nous étonne. Mais elle est à l’image de nos existences et de nos intérêts multiples et variés. Cette vision nous dit ce qui importe pour Dieu, à qui il destine son amour : au monde, aux humains, à chacune et chacun de nous. Nous pouvons ainsi comprendre que toute la nouveauté dont parle ce passage, nous concerne chacun : c’est toi qui es créé à neuf, dans ta relation avec Dieu et le monde. Et comme toute création, il faut du temps pour que Dieu le mette en forme : 40 ans pour les uns 90 pour d’autres, et ce n’est pas fini ! La vision veut ancrer la certitude que Dieu conduit à bien ce qu’il fait de neuf dans/avec notre vie, celle de la voisine, de nos enfants !

Dieu a créé du neuf et, ce faisant, il met à neuf notre regard sur le monde. Car il ne veut pas que notre vie de foi soit obsédée par la mort et les malheurs. Il veut que nous ayons confiance qu’en toute circonstance, il est le Dieu avec nous, dans notre présent, même si la mort terrestre nous agresse. Quoi qu’il arrive, nous sommes promis au mariage dans l’amour du Fils pour nous. 

Jean mélange le temps des verbes, mais l’action de Dieu est au présent en direction de l’avenir : la ville nouvelle sort de Dieu, comme une naissance. Dieu crée l’être nouveau de l’épouse. Et cet être lui appartient, ainsi chacun de nous lui appartient. Nous pouvons donc vivre les dangers et la mort, dans la confiance que nous sommes déjà pris en main par Dieu, malgré nos défauts; c’est lui qui a ôté tout ce qui est scabreux autour de nous, la mer aux vagues changeantes, et ôtera (futur) en nous, la liste négative des idolâtres v8. Jean dit: j’ai vu ce que Dieu crée et accomplit dans notre vie, pour nous unir à Jésus-Christ, notre époux vainqueur de la mort, notre lumière, notre Agneau. 

Toutes ces images veulent réveiller notre espérance : Il y a un seul corps et un seul Esprit, nous sommes image et ressemblance de celui qui se veut Dieu-avec-nous. Une vision du mystère d’amour de Dieu pour nous !

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