25/12/2022 : NOËL

Prédication du 17/06/2023 par le pasteur Marc LABARTHE

L’annonce faite à Joseph  Matthieu 1,18-25
Ecoute … c’est Noël! p67ss (P Prigent)

Mon histoire n’a que 4 personnages et vous les connaissez déjà. Du moins, vous le croyez !
Mais, si vous le voulez bien, je vous les présenterai à ma façon, en vous racontant encore une fois l’histoire de Noël.
C’est l’histoire de Jésus. L’histoire de sa naissance : Noël !
Tout le monde sait cela par cœur !
Mais souvent ce qu’on sait par cœur, le cœur ne le connaît pas. On récite, ou on écoute, comme l’écolier, sans y penser…
Eh bien je vais vous raconter l’histoire pour que nous y pensions, vraiment! 

Donc, c’est l’histoire de la naissance de Jésus. Mais, puisque vous êtes si savants, vous savez aussi tout de Bethléem et des étables où les gens habitent !
C’est bien. Je ne reviendrai pas là dessus. Mais, avant Bethléem ? 

Avant ? Eh bien il y avait Marie. Vous la connaissez : vous avez vu cent fois son portrait. Cent fois ? Mille fois, plutôt. Les églises et les musées sont pleins de peintures et de statues de Marie, de tous les âges et de tous les styles. 

Mais où ont-ils donc pris leur modèle, tous ces artistes avec leurs artifices ? L’histoire ne nous dit rien de ce que nous aimerions tant savoir : sa taille, la couleur de ses yeux, et si elle était blonde, et si elle était belle … 

L’histoire dit seulement que Marie est la mère de Jésus. Tout homme a une mère, même Dieu, lorsqu’il devient homme. Eh bien Jésus, le fils de Dieu, est le fils de Marie. Quelle histoire ! Quelle histoire, pour une jeune fiancée ! 

Car Marie, vous le savez bien, devait épouser Joseph. Ils avaient échangé des promesses, ils s’étaient juré fidélité, ils avaient engagé leur foi : fiancés !
Et, dans ce temps-là, on ne plaisantait pas avec la parole donnée ! Fiancés, on n’habitait pas encore ensemble, mais le lien était déjà tressé, aussi solide que celui du mariage. 

Et le fiancé ? Vous le connaissez, lui aussi : C’est Joseph, le bon Joseph, le brave Joseph ! C’est ce qu’on raconte partout, n’est-ce pas !
Mais, attendez que je vous raconte l’histoire comme elle doit être racontée ! Bien. Voilà que Marie va être mère !
La fiancée est enceinte. La jeune fille attend famille ! Oh là là, quelle affaire, quel ennui, quel scandale ! J’entends d’ici les ragots faussement désolés : ils ont mis Pâques avant Carême … Voilà pourquoi la mariée ne sera pas en blanc !
Les gens trouvent toujours l’explication, ils savent tout expliquer : si l’on est heureux, c’est qu’on l’a mérité, si l’on est dans le malheur, c’est qu’on a péché. 

Tout est bien calculé, mesuré, mesuré juste ! Juste ? Ah, mais c’est la question ! 

Ici, justement, pour une fois dans l’histoire des hommes, l’explication ne suffit pas. L’effet ne révèle pas la cause. La chaîne des conséquences nécessaires est brisée. Voici que l’atmosphère étouffante des jugements, des réprobations, des condamnations, des nécessités, des hérédités, est balayée par un grand souffle d’air pur.  Le souffle de l’Esprit de Dieu, le Saint Esprit, l’Esprit qui donne la vie. 

Grâce à Dieu, le monde est toujours à nouveau rafraîchi par cet air des hauteurs. Dieu souffle et le souffle de Dieu fait merveille. Il fait des merveilles et il faut savoir s’en émerveiller. 

C’est bien la grande affaire des hommes : savoir s’émerveiller en reconnaissant tout ce qui, dans leur monde, bouge et frémit au souffle de l’Esprit. 

Celui qui sait le faire, celui-là est un juste : un humain qui sait que dans la vie, dans sa vie, il est juste de compter avec Dieu. Et Joseph est un juste. 

Je le sens, vous trouvez le mot bien mal choisi. C’est que précisément la Justice, la Loi, les tribunaux commandaient que l’on condamne Marie pour avoir manqué à I’Ordre établi. Mais c’était un ordre humain, comme humaines sont les lois et leur justice ! 

Pour la justice des hommes, Joseph devait condamner la faute. Parce que, comme chacun sait, quand l’ordre est troublé, il y a faute. 

Mais le juste sait qu’au dessus de l’ordre, il y a Dieu qui en est le maître souverain. Et quand on sait cela, on peut, comme on dit, dormir du sommeil du juste. Et justement, dans son sommeil, Joseph voit un ange du Seigneur. 

Vous me direz : il en avait de la chance, cet homme, de voir des anges ! Nous, nous n’en voyons jamais : nos songes ne sont pas visités par ces gracieuses silhouettes aux ailes déployées.
Là je vous arrête : qui vous a dit qu’un ange était vêtu d’une robe blanche, et qu’il volait comme un oiseau plus léger que l’air ?
Joseph entend une voix et il reconnaît que le message vient de Dieu. Car l’ange est d’abord le messager de Dieu : tout bon dictionnaire vous le confirmera. 

Et c’est vrai : le message que Joseph reçoit vient tout droit de Dieu. Il dit : 

Toi, Joseph, oui, toi, le lointain descendant de David, toi qui es de la famille royale dépositaire de la suprême promesse, toi qui comptes parmi les hommes que Dieu a choisis pour recevoir le Messie, toi, Joseph, tu suivras l’ordre de Dieu, plutôt que de servir l’ordre des hommes. Dieu, aujourd’hui, veut accomplir les prophéties.

Désormais, on ne pourra plus mettre Dieu dans son ciel et nous autres sur notre terre. Un enfant va naître qui réalisera le miracle. En lui, on pourra confesser :
oui, Dieu est avec nous ! Emmanuel sera son nom. Crois-tu cela, Joseph ? Es-tu prêt à l’aventure ? La grande aventure de toute l’humanité ?  

Joseph, tout est suspendu à tes lèvres ! De ta réponse dépend l’histoire du salut. Dieu est là, tout prêt à tourner la première page du Nouveau Testament. 

Il attend. Il attend que Joseph dise : oui ;
qu’il accepte le bouleversement de son petit univers,
qu’il ne soit plus seul maître de son jeu,
qu’il accueille avec foi, avec joie et reconnaissance, un enfant qui est plus qu’un petit d’homme,
qu’il ouvre, pour nous tous, la porte du monde à Dieu qui frappe et veut entrer. 

S’il entre, alors il portera enfin son vrai nom :
Jeshua, Jésus, Dieu sauve, car telle est la nature de Dieu :
il est celui qui, toujours, vient pour sauver. 

Et, tandis que Dieu attend, que l’ange retient son souffle pour mieux écouter,
tandis que d’avance tous les siècles, et les siècles des siècles,
espèrent en silence que tout va commencer, pendant ce temps, je vous l’ai dit, Joseph dort du sommeil du juste. 

Mais voici qu’il ouvre un œil, il saute de son lit,
il court chercher Marie,
et c’est le mariage de fête. 

Et puis, tous les deux, Joseph avec Marie,
ils attendent la naissance de Jésus. 

C’est la nouvelle genèse, la genèse du salut.
Voilà l’histoire de Noël. 

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