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- 23/02/2025 -Luc – faire du bien au méchant
23/02/2025 -Luc – faire du bien au méchant
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prédication donnée à Livron
Vous avez entendu ? et ça ne vous fait pas bondir sur votre banc ? Ça ne vous fait ni chaud ni froid ?
Notre texte suit les Béatitudes que nous avons entendues la semaine dernière. Souvenez-vous, Jésus est debout sur un terrain plat parlant à ses disciples hétéroclites et une foule agglutinée. Les quelques bonheurs d’être pauvres et méprisés, puis les quelques malheurs d’être riches et bien vus, sont suivis de cet ordre d’aimer, dont l’objectif est de nous faire aller au-delà de ce qui nous semble le maximum syndical. Qu’ont pensé les disciples qui l’écoutaient, et la foule ? c’est comme nous, ils écoutent, un peu secoués quand mêmes.
Jésus vient de dire à ses disciples heureux vous êtes parce que vous pleurez, et avez faim, et rejetés parce que vous croyez en moi, Dieu vous accueillera dans son amour. Et aussi quelle tristesse pour vous qui êtes satisfaits de ce que vous avez, qui êtes bien installés, car vous n’avez plus (vraiment) besoin de Dieu.
Alors Jésus explique pourquoi il affirme cela: je vous le dis à vous qui m’écoutez ! Voilà le chemin à suivre, parce que c’est le sien, c’est le chemin qu’il a pris, chemin étroit mais chemin de bonheur, chemin de croix i.e. dont la croix est “passage obligé”, mais chemin d’abondance d’amour et de joie [v.23 Réjouissez-vous quand cela arrivera et sautez de joie, car une grande récompense vous attend dans le ciel].
• Jésus énumère quelques façons dont nous sommes attaqués — vos ennemis, ceux qui vous haïssent, maudissent, maltraitent, volent et abusent. Et Il nous dit de faire activement quelque chose d’autre, quelque chose que ceux qui s’opposent à nous ne s’attendent pas. Jésus ne nous demande pas de passer outre et d’accepter la violence ; au lieu de cela, il nous demande de penser et d’agir au-delà de la culture de violence dans laquelle nous vivons. Son enseignement est radical parce qu’il nous invite à une réponse active et inhabituelle, face à ces agressions. De plus, il refuse l’utilisation de la richesse et des privilèges comme pouvoir sur les autres – il considère cela d’une grande tristesse et comme un refus de Dieu. Dans notre monde de violence directe et parfois feutrée, touchant le cœur, le corps et l’esprit, Jésus parle de réagir d’une manière différente. Soyons attentifs : dans ce qu’il dit, il n’y a aucune justification pour la vengeance et les représailles en son nom.
• Les verbes utilisés pour notre réponse aux attaques sont significatifs : aimer, faire fu bien, bénir, prier, ne pas se retirer, mais offrir et donner. C’est faire vivre Jésus en nous, pour paraphraser l’apôtre Paul. Et Jésus d’expliquer très concrètement : faites donc pour les autres exactement ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous ! Et les autres, ce sont ceux qui vous rejettent, vous haïssent et ne vous comprennent pas. Ainsi donc, aimez vos ennemis, faites du bien, insiste Jésus. Nous devons trouver toute occasion et être imaginatifs pour le bien de nos oppresseurs ; nous devons leur témoigner d’une tout autre vision des relations humaines que celle de l’oppression et de la vengeance, ou celle du désengagement et de l’indifférence.
Nous vivons dans un monde où les médias et les politiques de tout accabit, nous disent que, pour réussir notre vie, nous devons être riches, et avoir beaucoup de followers, afin de résoudre tout type de conflits : nous devons exercer un pouvoir sur autrui par différents moyens – physiques (ce qui comprend les aspects légaux ou armés), émotionnels, mentaux et même sexuels. Parfois, devons activier le désengagement brutal ou silencieux, la rupture de tout lien jusqu’au refus de tout contact. Et nous avons de plus en plus d’exemples concrets qui s’affirment un peu partout (réseaux, infos…), que nous analysons et critiquons ; cependant, leurs méthodes, parce que diffusées largement, s’insinuent en nous. Et lorsque nous cherchons de l’aide auprès de Jésus, nous réalisons que sa solution n’est pas agréable à vivre, parce qu’elle vient contrer ce qui s’est insinué dans nos pensées, ce que nous avons acquis par nous-même, ce que nous exerçons de temps à autre, surtout envers lui ou elle – et nous savons bien à qui penser, chacun…
Mais Jésus nous met en garde, il n’y a pas de place pour son Dieu dans ce monde-là. Car Je vous le dis, aimez, faites du bien, prêtez sans retour, et vous serez les enfants du Dieu Très-Haut. Oui, vraiment aimer ainsi, c’est souvent difficile. Il est bien plus facile de haïr ; il est bien plus facile de se tenir à distance. Et pourtant, notre Seigneur nous dit d’offrir les deux joues, d’offrir notre chemise avec notre manteau, et de faire tout cela librement par amour. Pour être franc, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire! Nous voulons que nos vies soient honnêtes, nous voulons être traités de la même manière que nous traitons les autres. Et c’est là que le bas blesse : nous ne pouvons pas obliger quelqu’un à nous traiter de la même manière que nous le traitons. Nous pouvons aimer, aimer et aimer encore, et être toujours détestés, méprisés. La demande de Jésus est limpide et sans retour : il nous demande de prier pour ceux qui nous haïssent ; d’offrir nos services et nos biens à ceux qui voudraient nous tromper et nous voler ; i.e. donner notre vie par amour.
C’est totalement exagéré à nos yeux, et ce n’est pas juste à nos coeurs, mais telle est la nature de la miséricorde – explique Jésus : Soyez pleins de bonté comme votre Père est plein de bonté (miséricorde – v36). Votre Père est miséricordieux/plein de bonté. Quel acte ou attitude “mérite” l’amour de Dieu ? Nous enfreignons la loi, nous ignorons l’Évangile et nous péchons contre LUI chaque jour. Et pourtant, Dieu le Père nous offre quotidiennement une bonté qui veut nous changer. La miséricorde de Dieu est si grande qu’il a ressuscité Jésus de la mort, et a envoyé le SE pour être notre Avocat/Consolation. C’est pourquoi il nous appelle à ce comportement actif de non-violence comme on le dit aujourd’hui ; faire quelque chose d’inattendu aux yeux du monde, en puisant dans l’enseignement du Christ, avec l’éclairage du SE qui nous y appelle.
Jésus s’adresse aux disciples, à leur groupe : il est donc bon et important de compter sur l’aide des F&S sur ce chemin, leur prière, leur soutien, leur humilité. Nous le vivons parfois, lorsque le deuil ou maladie nous touche, mais pour tant d’autres choses, nous préférons agir en solitaires. Apprenons donc à porter les faiblesses des uns en partageant les nôtres. Cette attitude nous préparera pour ce qui nous attend dans les temps à venir, au vu de l’évolution rapide et délétère de notre monde. Dans notre Eglise locale, qui devons-nous aimer ? pour qui prier ? Reprenons cette question des morts et des cultes de consolation : où sommes-nous pour témoigner de la bonté de Dieu ? Vous venez pour vos amis, et les pécheurs font de même ; mais où sommes-nous lorsqu’il s’agit de quelqu’un que nous ne connaissons pas ? notre absence et notre silence reviennent à faire ce que Jésus dit de ne pas faire, car les pécheurs font de même ! v31-34
C’est en voyant nos manques, que nous pouvons évoluer, en suivant le Christ. Mais nous pouvons aussi nous arrêter là, et abandonner le Christ. Jésus encourage cependant à oser prendre ce chemin avec lui, à briser le cercle infernal de la violence et de l’oubli dont la majorité se contente, et cela même parmi les disciples. Car Dieu est bon pour les ingrats et les méchants, il n’est pas la pour condamner, mais pour abonder son amour et sa bonté dans nos vies. Laissons-nous guider par l’Esprit-St devant et au milieu de toute crise qui se présente. Nous pouvons reconnaître nos erreurs, nos peurs, pour les imbiber de l’amour de Dieu. Nous serons ainsi disciple de Jésus.