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2/02/2025 – Luc 2 – prêt à partir ?
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prédication donnée à Loriol
Et hop, un nouveau retour en arrière ! Comme chaque début d’année liturgique, chaque Noël ! comme s’il fallait constamment recommencer notre parcours de foi, reprendre nos réflexions, reposer certaines bases à nos convictions ou nos habitudes !
Au cours du mois de janvier, nous avons entendu parler des visiteurs étrangers que sont les mages, puis du baptême de Jésus à 30 ans par Jean le Baptiseur, puis de son premier signe au mariage à Cana pour ses disciples, puis de son premier sermon à Nazareth révélant son projet. Et maintenant, nous sommes de retour au “poupon Jésus”, âgé d’un mois, et amené au temple de Jérusalem par sa mère et son père, afin de remplir la loi juive régissant les nouveau-nés – nous écrit Luc.
L’évangéliste nous fait ainsi part de son interprétation de la vie de Jésus : il ne peut pas être né ailleurs qu’à Bethléem, mais quand même, sa vraie vie humaine, il l’a commence à Jérusalem, et puis, à la fin de l’Evangile, il termine sa vie dans cette ville, sur une croix et dans un tombeau. Pour Luc, Jérusalem est un passage obligé pour l’incarnation, la mort et la résurrection de Jésus. C’est la ville de la paix (cf Abram en Gn14), la ville du Grand Roi (Ps48.3), la ville du peuple aimé de Dieu, et c’est là encore que viendra l’E-S le jour de la Pentecôte, pour envoyer les 120 disciples sur les chemins du monde, et jusqu’à Rome, la capitale mondiale de l’époque.
Comme ses lecteurs sont des grecs/latins, Luc rappelle les règles de la Loi de Moïse, au sujet de la femme qui a accouché et du 1er enfant qu’un couple accueille, et du prix pour garder l’enfant chez soi. Il fait de la catéchèse pour ses lecteurs, et nous aide à comprendre que Jésus est imbibé de toute la tradition de son peuple, il est un juif de naissance et d’éducation, rien n’y manque.
Or ce jour-là, Luc nous fait part de 2 rencontres surprenantes qu’il est seul à raconter. D’abord un homme du nom de Syméon,(Dieu entend) qui est rempli d’Esprit saint ; c’est un homme juste et pratiquant, il est habité par l’attente de la consolation du peuple, comme le clame le prophète Esaïe (Es 40.1 ; 49.13 ; 51.12 ; 52.9 ; 61.2). Cette attente intense nourrie par les Ecritures, a été consolidée par le SE, qui lui a révélé qu’il verrait le Consolateur avant sa mort.
Et c’est poussé par l’ES qu’il arrive au temple en même temps que les parents de Jésus. C’est poussé par l’ES qu’il les interpelle, et qu’il saisit le bébé dans ses bras pour bénir Dieu de voir en ce petit être de quelques jours, le salut que Dieu a préparé devant tous les peuples, lumière des nations et gloire d’Israël ! Puis il bénit le couple et profère une parole qui balise le ministère de Jésus, chute et relèvement, homme de contradiction, mais qui révèle les raisonnements de beaucoup – et cette définition, combien elle est nécessaire de nos jours ! Mais c’est pour une autre occasion.
Car surgit alors une femme du nom de Anne,(Grâce) fille de Face-de-Dieu, de la tribu du Bonheur (Asher), qualifiée de prophétesse : sa présence est tout un message divin d’accueil et de paix. Elle est âgée, 84 ans et près de 60 ans de veuvage, elle restait près du temple pour chanter Dieu. Elle a vu, entendu Syméon, et remplie du même Esprit que lui, elle loue Dieu et réconforte ceux qui languissent de l’arrivée du Messie.
Ainsi, Luc nous dit que Syméon est un homme juste et pieux, dans l’attente du salut du peuple; et que Anne est prophétesse, assidue aux liturgies du temple depuis son veuvage. Il précise que Syméon est rempli de l’ES qui lui a dit 2 choses, d’une part qu’il verrait le Messie avant sa mort et d’autre part de se rendre au temple ce jour-là. Il précise uniquement l’âge de Anne – 84 ans…— son comportement extraordinaire de veuve, sa persévérance contre toute espérance, et ses louanges prophétiques auprès des fidèles présents.
Syméon est un homme sans âge, il peut avoir 30, 40 ou 50 ans. Pas besoin d’être bien âgé pour, d’une part que l’ES lui précise ce qui lui est donné, et d’autre part, perdre la vie – surtout à cette époque. Mais Anne, fille de Visage-De-Dieu, sait qu’elle est au terme de l’existence et continue de proclamer le salut de Dieu.
Ces 2 personnages mystérieux par certains côtés, et emblématiques par leur attitude, leur écoute de l’ES, et leur rencontre avec ce petit bébé qu’est notre Seigneur, m’ont fait poser cette question inhabituelle : Comment désirez-vous partir d’ici-bas ?
Pourrez-vous dire à la fin de ce culte, et la cène partagée, à la suite de Syméon, maintenant Seigneur, je m’en vais en paix, car mes yeux ont vu le salut que tu as préparé pour Israël et les nations ? Ou bien prophétiserez-vous comme Anne, la venue du Sauveur, à tous ceux qui attendent la rédemption du monde ?
Comment allons-nous partir d’ici-bas ? Nul ne peut répondre à cette question, à moins que le Seigneur ne le lui révèle. Cela peut arriver. Mais peut-être qu’au fond de nous, nous avons cette pensée que nous voulons partir de ce monde vers l’autre monde en confessant notre foi en Jésus-Christ, ce qui j’espère, est ce qui nous tient le plus à cœur ! Trop souvent en ce moment, pour les deuils rencontrés, la communion au Dieu de la vie est oubliée, délaissée. On ne met en évidence que le conjoint, les enfants, le personnel soignant. On se lamente lorsque l’un ou l’autre n’a pu être là. Il est vrai aussi que les circonstances de notre mort ne refléteront pas ce qu’aura été notre vie. L’essentiel c’est de savoir que nous sommes attendus ! Et heureusement, quelques situations rencontrées par les prédicateurs viennent montrer que c’est encore possible d’avoir une personne qui est partie avec le sourire dans son esprit – comme Anne et Syméon.
Mais la question demeure pour chacun : comment désirez-vous partir d’ici-bas ? Une vraie question, et les temps mauvais qui s’annoncent vont la rendre cruciale. Prenons exemple sur Dieu-entend et Grâce, qui ont accueilli la joie du Messie dans leur vie, et c’est tout ce qui a compté pour les temps qui ont suivi.