19/01/2025 – Jean 2 – la fête des noces

prédication donnée à Loriol

Le Sauveur selon Jean (d'après Luc)

Esaïe 62,1-5      Jean 2, 1 à 11

Les Tx Bibliques lus dans nos Eglises nous orientent vers les joies suscitées par le mariage.

D’ailleurs, ne sommes-nous pas venus dans la présence du Seigneur ce matin, comme pour participer à un mariage, pour nous rapprocher du Seigneur et de la chaleur d’une communion de foi avec d’autres croyants, et être exposés au souffle de l’Esprit Saint qui déverse la vie du Seigneur sur la nôtre ? La fête répond aussi, peut-être, à notre désir de nous éloigner un temps, des réalités de la vie de ce monde, et faire baisser la pression à propos des catastrophes dans le monde, qu’elles se produisent en Ukraine ou à Gaza, en Californie ou à Mayotte, dans nos villes ou dans nos familles. Les dieux de ce monde (ceux que nous aimons créer et adopter), se réjouissent du déclenchement de désastres divers, provoqués par les attitudes et les actions d’individus égocentriques, ou plus incidemmant par des maladies et des incendies de toutes sortes.

Nous avons commencé notre exposition à l’amour divin, dans la louange et l’ouverture au Souffle du Seigneur. Nous la poursuivons avec ce passage de Jn 2, qui raconte le déploiement de la gloire de Jésus par une action qui nous semble normale, mais qui est en vérité époustouflante. Oui, Jésus a changé le souffle du couple dans son mariage – ce qui révèle sa gloire, i.e. une splendeur de grâce et de vérité que seul le Fils unique envoyé par son Père pouvait posséder (Jn1.14). Et ses disciples ont cru en lui, ils en vinrent à croire en lui(2.11). 

Ils crurent en la réalité de qui Jésus était. C’est donc que jusque-là, les disciples suivaient Jésus, mais ne croyaient pas en lui… ou pas vraiment, mais alors que veut dire croire en Jésus ? Il semble que ce soit bien plus que la petite consolation que nous cherchons en venant au culte(messe) ou telle réunion de l’Eglise. Car toute la suite de l’Ev selon Jn raconte que Jésus est bien plus qu’un humain, bien plus qu’un prophète, il est habité par le souffle de Dieu, il est l’image de Dieu, le chemin vers Dieu, la parole de Dieu ; et même, il est UN avec Dieu.

Les disciples en vinrent à croire en Jésus. Qu’est-ce qui s’est donc passé pour que la foi surgisse en eux ? et qu’est-ce que ce signe de Jésus révèle de sa gloire pour toi et pour moi, aujourd’hui, afin que nous croyions à notre tour ?

Cette histoire de mariage est donc importante. L’auteur y a mis des allusions à de nombreux autres passages de Ecritures et de l’histoire de Jésus, ce qui nous invite à garder l’esprit ouvert et attentif, afin de colorer ce signe des couleurs insinuées par Jean. Ainsi les 3 1ers mots inscrivent tout le déroulé dans un esprit qui nous ouvre à la gloire du Fils : Or le troisième jour. Quand vous lisez ou entendez ces mots, “le 3e jour”, ceux qui connaissent l’Ev pensent immédiatement, à ce 3e jour qu’est la…résurrection de Jésus lui-même. Et Jean ne l’écrit pas pour rien : c’est que le mariage où Jésus se rend le 3e jour nous ouvre à ses propres noces inaugurées lors de sa résurrection et qui vont s’accomplir bientôt, lors de son avènement.

D’ailleurs, dans les Ecritures, le mariage symbolise déjà l’émergence du Messie promis, le renouveau des relations entre Dieu et son peuple, à l’image du passage d’Esaïe qu’on a lu : on appellera ta terre « L’Epousée » ; car le SEIGNEUR prend plaisir en toi, et ta terre sera épousée… et comme la mariée fait la gaieté du marié, ainsi tu feras la gaieté de ton Dieu. Nous sommes donc emportés dans une vision bien plus large qu’un simple événement localisé à Cana. Il en va de même avec l’usage du vin, son manque est signe de détresse, de désarroi, d’exil, alors que son abondance reflète la joie et les débordements de la fête, autant pour le retour de l’exil que pour la réconciliation avec Dieu et les jours attendus du Messie.

On relève souvent la confrontation entre Jésus et sa mère. Je ne m’y attarde pas. Je signale que Jésus ne l’appelle ni par son nom – Myriam – ni par son rôle – mère – mais par son identité de genre – femme, ce qu’il fera une fois encore : depuis la croix ! C’est dire que pour Jn, la relation humaine entre les deux n’a plus lieu d’être dans la situation actuelle qu’est la résurrection. Et peut-être aussi que Jésus reconnaît pleinement la place de la femme en tant que femme avant sa maternité à laquelle trop souvent elle a été réduite par l’homme.

Or l’inscription dans la réalité concrète de la vie d’un couple n’est pas non plus sans incidence. Ainsi, par ce signe de Jésus, le 3e jour ainsi que la fête qui s’ensuit, il nous rejoint nous aussi. Une fête de mariage à laquelle il manque du vin, mais qui va en retrouver. Qu’est-ce qu’un mariage qui manque de vin ? Un mariage dont la fête s’arrête. Un couple chez qui ça n’est plus la fête. Parfois la mère, ou un témoin, s’en rend compte avant le couple ; certains couples font l’effort de rester ensemble, ils se dévouent pour les enfants, on maintient le semblant qu’il faut pour continuer à avancer, mais la passion et la fête ont disparu. 

Cette image d’un mariage qui n’a plus de vin, vient nous parler de multiples situations personnelles ou de ce monde. Et Jn, en invoquant le 3e jour et la gloire de Jésus qui construit la foi des disciples, focalise notre attention sur la relation que nous avons avec Dieu. Et parmi nous il y a de nombreux cas de figure ! Entre ceux qui ont vécu une rencontre bouleversante avec Dieu et pour lesquels c’est comme si c’était hier tant le vin le meilleur coule encore, tandis que pour d’autres, c’est un peu le calme plat, au point de presque se reconnaître dans cette fête qui n’a plus de vin. La bonne nouvelle est que Jésus aime la fête, il a été taxé de buveur et de fêtard; alors il est prêt à donner du vin, et du bon, encore et encore, dans nos vies assoiffées pour que la fête reprenne, et sa gloire soit reconnue. 

Jésus montre sa gloire à ses disciples lorsque la vie reprend et la fête se poursuit, il donne aux noces une véritable résurrection, une espérance de salut et de guérison, et surtout une plénitude d’amour dont il a le secret. Venez à la fête ! Laissez-vous entraîner dans le cortège du mariage ! Jésus est vraiment celui qu’il prétend être, Dieu avec nous, Dieu près de nous. Cette confiance en Jésus suscite une joie profonde que rien ni personne ne peut enlever. Et ça, c’est un signequi perdure, c’est comme l’huile qui permet de garder la lampe allumée au milieu de la nuit jusqu’à l’arrivée de… l’époux… Qu’il vienne, Maranatha !

 

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