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10/11/2024 : soutien dans la souffrance
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Dans le début du chap.8 de Rm, Paul posait la question : dans la vie quotidienne et son obéissance concrète, comment vais-je me comporter ? En homme charnel ou spirituel ? Dans le 2nd cas, puis-je servir Dieu comme l’Esprit m’y invite ?
Et la réponse est oui, même si j’en doute. Car nous sommes justifiés, nous sommes en Christ, libres parce qu’aimés de Dieu comme ses enfants. Dès lors l’Esprit est en nous : nous prions Dieu comme notre Père aimant, et cela ouvre pour nous une expérience nouvelle et heureuse. C’est l’anticipation de la gloire promise pour la fin, au coeur d’une réalité déchirée par la souffrance.
Et sur ce point Paul développe toute une réflexion : quelle est la relation entre ce présent parfois difficile, et cet avenir qui nous attend ?
Paul commence par distinguer entre le nous et la création, qui n’est pas nous : d’un côté, le point commun unissant la création et nous, ce sont les souffrances présentes ; et de l’autre, la seule différence entre la création et nous, c’est le St-Esprit.
Les souffrances de la création et les nôtres : l’Assoc’ P-O focalise sur les souffrances provoquées par les persécutions des chrétiens, parce qu’ils portent en eux une espérance venatn de l’Esprit, qui les rend différends des autres humains, et ceux-ci les persécutent de toutes sortes de violences.
Et c’est avec raison que l’on peut relever cette situation étrange. Dans la création, parmi les créatures, certaines sont persécutées parce qu’elles ont découvert quelque chose d’autre, et quelqu’un d’autre, et cette rencontre a changé, en eux, le registre des références ; cette découverte a libéré les chrétiens en leur donnant l’assurance d’être enfants du Père, et d’avoir auprès de lui la vie éternelle, sans autres obligations humaines que la confiance, la foi, et l’amour les uns des autres.
Les chrétiens sont entrés en relation avec un Dieu de parole et d’amour. Alors que ceux qui ne le sont pas, dans la création, s’opposent plus ou moins volontairement à Dieu, au Dieu qui envoie son Fils dans le monde. Paul parle du péché, de la vanité, de la condamnation que portent ceux qui ne vivent que pour eux-mêmes, que pour leurs idées. l’Ev selon Jn (15.19s) nous dit que Jésus explique la persécution de ses disciples de cette manière : Si le monde vous déteste, sachez qu’il m’a détesté avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui est propre. Si le monde vous déteste, c’est parce que vous n’êtes pas du monde, car moi, je vous ai choisis du milieu du monde.
Bien sûr, d’autres souffrances existent et sont implacables : les catastrophes naturelles que subissent toutes les créatures, indépendamment de leur croyance, ainsi que certaines maladies, épidémies. Et puis les souffrances provoquées par les humains : les éradications voulues de certaines espèces animales ; et les guerres d’extermination de populations entières, comme la Shoah, la colonisation des continents ; ou la mise en esclavage de certaines ethnies, comme les Ouighours par les Chinois, les populations de “Noirs” par les Peuls, les Arabes et les Blancs; et la poursuite de l’oppression des femmes à ne servir que l’intérêt des mâles, en Afganisthan, et dans la plupart des pays.
Ce que Paul tente aussi de nous faire comprendre, dans les souffrances que nous traversons tous avec la création, c’est en particulier le point qui nous différencie d’avec la création : la présence de l’Esprit saint en nous, c’est-à-dire la présence de celui qui nous fait dire que Dieu est notre Père, et la présence de ce que Dieu nous réserve une fois la course achevée. L’Esprit imprime en nous non plus l’intérêt de la réussite dans le monde, la réussite aux yeux de la société, de notre famille, la ré/insertion dans la vie sociale de la cité, mais quelque chose de bien différent; l’Esprit inscrit dans les profondeurs de notre être, que nous sommes aimés, quelle que soit le parcours de l’existence, et que la gloire de Dieu nous attend.
Et Paul insiste, en disant que cet amour intervient non par une démonstration de puissance, ni par l’absence de souffrance, mais par la mort du propre fils de Dieu. Dieu offre ce qu’il a de plus cher. Aussi, face à ceux qui s’opposent à nous, ceux qui accusent, ceux qui condamnent, ceux qui propagent la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, les privations, le danger, la mort, parce que le chrétien n’est qu’une bête à boucherie… oui dans tout cela, nous remportons la plus complète victoire par celui qui nous a aimés.
C’est peut-être un peu théorique, ou intello, pour nous qui avons presque tout ce dont nous avons besoin. Nous sommes venus ce matin, sans crainte, en sachant pertinemment que nous pourrons rentrer chez nous après le culte – alors que, dans certaines régions du Nigéria, aller à l’église, c’est comme voyager avec un billet aller simple. Il n’y a aucune certitude ou garantie de retour, mais les gens continuent d’aller à l’église – nous dit P-O.
Et c’est là que nos F&S persécutés nous interpellent, au coeur de leurs souffrances. Maintenir une attitude d’indifférence ne correspond pas à l’amour mutuel dans le corps du Christ, où tous les membres sont reliés les uns aux autres, ont besoin les uns des autres. Nous devons les porter dans nos prières ; nous pouvons aussi leur venir en aide par des gestes concrets, grâce aux assoc’ caritatives comme P-O. Ainsi nous les aidons à retrouver une vie possible dans notre monde, alors même que ce monde ne veut pas des chrétiens. Ne restons pas silencieux quant à ces lieux où la violence est largement ouverte aux exactions les pires qui soient, nous devons compenser le silence et l’absence des médias.
L’amour fraternel est l’un des moyens au travers desquels l’amour de Dieu se révèle. L’Evangile devient tangible, notre foi devient acte, par notre participation aussi petite soit-elle, et l’Esprit peut faire grandir la grande fraternité qui nous unit les uns aux autres. Si Dieu est ainsi pour nous, qui sera contre nous ? L’amour de Dieu n’abandonne aucun chrétien en proie à l’agression du Mal. Dans l’attente de l’arrivée du Royaume, nous pouvons agir, humainement par des actions d’aide d’urgence, et spirituellement par l’intercession.