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260426-Jn10-quelle voix écouter
prédication donnée à Loriol
Quelle est donc la voix que les moutons ou brebis écoutent ? Selon la parabole, c’est la voix du berger et non celle d’un voleur ni d’un brigand, et encore moins d’un étranger : Jamais, elles ne suivront un étranger, au contraire, elles fuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. La voix est un son particulier ; la parole donne du sens. Connaître la voix établit une relation de confiance, plus intime et pleine que celle d’une parole.
Le symbolisme des figures de la première parabole n’est pas clair. Qui est brebis ? Qui est berger ? Qui (ou quoi) est porte ? La perspective évolue dans la seconde histoire, où Jésus se décrit clairement comme la porte d’accès.
Cependant, nous comprenons très vite que l’histoire nous concerne, elle nous est adressée. Reconnaissons-nous la voix du Berger lorsque nous l’entendons ? Sommes-nous attentifs à son appel qui dit notre nom, au milieu du tintamarre des voix de toutes sortes qui abrutissent nos oreilles ? Sommes-nous sortis de l’enclos à son appel, et marchons-nous en confiance avec lui, vers les pâturages où nous trouvons la nourriture ?
Parmi les innombrables voix qui s’affrontent dans notre monde, celles qui le plus d’impact sont celles qui susurrent la peur, qui instillent l’angoisse dans les coeurs et les pensées – dès la Genèse la peur s’installe ainsi. C’est le meilleur moyen d’arriver à leurs fins, pour les voleurs, brigands et étrangers. Et l’on peut pointer bien sûr, vers les médias et les groupes de pression, des politiciens et publicitaires, sans oublier ces personnes de notre entourage, “qui nous veulent du bien” dans nos vies, et qui sèment la peur dans nos pensées, pour une raison ou une autre.
Et lorsque la peur devient le critère de nos réactions et de nos attitudes, nous devenons des moutons au sens péjoratif du terme, nos émotions nous poussent à nous réfugier dans les bras du voleur, dans la panse du brigand, dans le pays étranger au pâturage du berger. Nous devenons versatiles comme la foule manipulée par les Pharisiens jusqu’à faire condamner Jésus. Quelles sont les voix qui nous dominent, celles que nous préférons écouter au point de remplacer celle du Berger ?
Le berger entre par la porte, car son objectif est d’apaiser nos craintes et de nous assurer la nourriture ; et le gardien entend la voix du berger, il la reconnaît; et ce gardien, ce peut être notre capacité d’écoute et d’analyser ce qui se passe : A la porte, la voix paisible et les paroles que le berger nous adresse sont positives et encourageantes. Passer par la fenêtre signifie une vision rétrécie et obtue de celui qui entre, et une écoute partielle et incomplète de la voix, ce qui lui permet de manipuler et de diviser les brebis.
Devant l’incompréhension de ses auditeurs, ou leur refus de se laisser convaincre par son enseignement, Jésus reprend l’image, avec un autre point de vue. Cette fois, il met en avant la responsabilité du mouton, de passer ou de ne pas passer, par la porte qu’il révèle être lui-même. Son projet diffère de la plupart de ceux qui sont venus et qui viendront encore. Pourquoi donc les considère-t-il comme des voleurs et des brigands ? Il veut nous conduire hors de la peur et de la division vers la paix et l’unité, et chaque brebis a liberté d’entrer ou sortir selon ses choix pour se nourrir, et Jésus assure une vie surabondante.
Contrairement aux voleurs, Jésus le bon berger, aime ses brebis, et leur parle dans la confiance mutuelle – c’est la notion du nom avec lequel Jésus entre en relation avec chaque mouton. Le Berger ne nous prend pas à son seul profit pour nous exploiter : il donne même sa vie pour nous. Et cela, aucune autre instance n’a pu et ne pourra proposer le même parcours. L’étranger ne peut que mépriser et ridiculiser ce chemin-là, le brigand en dénoncer le manque de valorisation, et le voleur en ôter toute assurance de paix et de vie.
La voix du berger qui appelle à le suivre, à travers le passage de la porte de la vie, nous apporte une liberté pour orienter nos vies en prenant de la distance avec les paroles angoissantes qui nous entourent. Nous devons apprendre de notre berger à résister, voire nous opposer aux nombreuses voix des voleurs qui nous entourent de peur, et des brigands qui oppriment par la division et le mépris de l’autre. Nous devons apprendre de notre berger à entendre sa voix, celle qui nous appelle par notre nom, celle qui vient nous édifier, nous relever, nous encourager, et nous conduire vers des pâturages ouverts à tous.
Alors quelle voix écoutons-nous ? quelle parole recevons-nous avec confiance ? Est-ce la voix de Dieu, du Bon Berger ? Est-ce la Parole qui s’est approchée de nous pour nous arracher aux mains des voleurs et des brigands, luttant jusqu’à la mort contre leurs mensonges ?
Il est sorti vainqueur de la mort, et nous invite à marcher, non pas sur le chemin de la vengeance, mais celui de l’amour.
Car seul ce chemin de l’amour nous assure une certaine joie de vivre. Tandis que beaucoup de voleurs cherchent à nous contrôler et à influencer nos choix, par l’angoisse et les informations trompeuses, seul le Bon Berger nous aime et nous conduit vers la tranquillité, le shalom véritable. Savons-nous reconnaître sa voix ? Savons-nous nous arrêter de courir dans le tumulte, obéissant aux exigences des brigands de ce monde ? Pour cela, il faut oser s’arrêter, ll faut prendre le temps d’écouter : la prière est ce lieu nécessaire, si souvent négligé, que les voleurs et brigands empêchent par tous les moyens.
Vous reconnaîtrez la voix du Berger, car elle vous mènera à la paix sur le chemin de l’amour. Même dans la vallée de l’ombre de la mort, sa voix vous conduira vers un lieu où la bonté et la miséricorde vous accompagneront, tous les jours de votre vie. Et en suivant sa voix, elle vous mènera à une vie plus abondante. Et ce chemin nous ouvrira de nouvelles occasions de rencontres, de partages, de communion.
=> ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, les pas du Seigneur vers toi…